Détails du sujet
Facteurs associés et devenir des césariennes d’urgences,cas de l’hôpital tertiaire Heal Africa
Du 1ier janvier 2025 au 1ier janvier 2026
Résumé
Auteur : BULITO BALUTI
Niveau: L2
Département: Medecine Humaine
Année Ac: 2025-2026 , | 2026-08-16 19:39:56
Mots clés
Césarienne d’urgence : L'intervention chirurgicale d'accouchement réalisée en urgence pour faire face à une complication aiguë chez la mère ou le fœtus. Facteurs associés : Les éléments (médicaux, obstétricaux, socio-démographiques) liés à la décision de réaliser la césarienne d'urgence. Devenir maternel : L'évolution de l'état de santé de la mère après la césarienne d'urgence (complications maternelles, durée d'hospitalisation, guérison, morbidité, mortalité maternelle).
Intérêt
La césarienne d’urgence demeure une intervention chirurgicale majeure réalisée dans un contexte d'urgence vitale pour la mère, pouvant entraîner des complications postopératoires significatives. L’étude des facteurs qui conduisent à cette intervention et l'évaluation du suivi maternel sont essentielles pour améliorer la santé de la femme.
Sur le plan scientifique : Ce travail mettra à la disposition des enseignants et du corps médical des données épidémiologiques et cliniques centrées sur les déterminants et le pronostic maternel des césariennes d’urgence à l’hôpital HEAL Africa. Il enrichira la littérature locale sur la prise en charge des urgences obstétricales.
Sur le plan personnel : Cette étude me permettra d'approfondir mes connaissances sur la surveillance postopératoire des accouchées et le management des complications maternelles, un atout précieux pour ma future carrière professionnelle en santé.
Sur le plan socio-culturel : En mettant en lumière la morbidité et la mortalité maternelles liées aux retard de prise en charge, cette étude fournira des pistes concrètes pour sensibiliser la population à la fréquentation précoce des structures de santé et aidera à améliorer la prise en charge globale de la femme au sein de notre communauté.
Problématique
À l'échelle mondiale, la césarienne est l'une des interventions chirurgicales les plus pratiquées, représentant près de 29,7 millions de naissances chaque année, soit 21,1 % de l'ensemble des accouchements [1]. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) établit un taux optimal de césariennes entre 5 % et 15 %, estimant qu'un taux inférieur à 5 % témoigne d'un sous-accès critique aux Soins Obstétriques d'Urgence (SONU), exposant les mères à des complications graves irréversibles [2]. Parmi l'ensemble des césariennes réalisées dans le monde, la proportion d'interventions pratiquées en urgence absolue varie considérablement : si elle représente environ 30 à 40 % des césariennes dans les pays développés, elle dépasse fréquemment 70 à 85 % dans les pays à faibles ressources [3,4].
Dans les pays industrialisés, le recours à la césarienne d'urgence survient majoritairement lors d'un travail d'accouchement médicalisé et surveillé. Les indications majeures y sont dominées par la détresse fœtale aiguë (42 à 48 % des cas) et la stagnation du travail par dystocie (25 à 30 %) [4]. Grâce à un plateau technique performant et à un délai décision-incision court (souvent inférieur à 30 minutes), la morbidité maternelle globale liée à la césarienne d'urgence y reste contenue, oscillant entre 3 et 6 %, et la mortalité maternelle directe imputable à l'acte en urgence y est devenue exceptionnelle (moins de 1 pour 100 000 interventions) [4,5].
En Afrique subsaharienne, la césarienne d'urgence constitue un acte de sauvetage extrême réalisé dans un contexte hautement défavorable. Une méta-analyse majeure publiée par The Lancet révèle que la mortalité maternelle après une césarienne dans les pays à faibles et moyens revenus est 100 fois plus élevée que dans les pays développés, atteignant 10,9 décès pour 1 000 interventions, l'immense majorité de ces décès survenant après une césarienne réalisée en urgence [6]. La morbidité maternelle per et post-opératoire y atteint des proportions alarmantes, frappant entre 15 et 28 % des opérées [6,7]. Les complications majeures sont dominées par l'hémorragie massive du postpartum (8,2 à 12,5 %), le sepsis et les infections du site opératoire (7,3 à 14,1 %), ainsi que la rupture utérine à l'admission (4,5 à 8 %) [6,7].
Ces mauvais résultats maternels en Afrique subsaharienne sont directement imputables à un réseau complexe de facteurs associés pré-hospitaliers et intra-hospitaliers. Sur le plan individuel et clinique, la faible couverture en consultations prénatales (moins de 4 CPN dans plus de 55 % des cas) et la présence d'un utérus cicatriciel non planifié (présent chez 18 à 24 % des urgences) constituent des facteurs de risque prédominants [7,8]. Sur le plan organisationnel, la chaîne des « trois retards » joue un rôle déterminant : le délai moyen d'évacuation sanitaire dépasse 4 heures dans plus de 60 % des cas référés, et le délai entre la décision médicale et l'incision chirurgicale dépasse 2 heures dans près de 70 % des hôpitaux de district, contre une norme internationale de 30 minutes [8,9].
En République Démocratique du Congo (RDC), la mortalité maternelle reste très élevée (473 décès pour 100 000 naissances vivantes) [10]. Les données nationales sur les structures de référence montrent que 65 à 80 % de toutes les césariennes réalisées le sont en urgence [10,11]. Chez ces patientes opérées en urgence, le taux de complications maternelles globales s'élève à près de 22,4 % [11]. Les facteurs prédictifs majeurs de cette lourde morbidité en RDC sont la provenance hors de la zone de santé (OR = 2,8), le statut de patiente référée d'une structure périphérique (OR = 3,4), un délai d'admission-intervention prolongé supérieur à 3 heures (OR = 4,1) et l'absence de disponibilité immédiate de produits sanguins labiles (nécessaires chez 14,2 % des patientes en urgence) [11,12].
Dans la ville de Goma, située dans la province du Nord-Kivu, le contexte sécuritaire et humanitaire précaire entraîne des flux continus de populations déplacées, dégradant davantage l'accès aux soins prénataux de base [5]. L’Hôpital HEAL Africa, en tant que structure tertiaire et centre de référence majeur, reçoit un volume élevé d'urgences obstétricales complexes. Si cet établissement dispose d'un plateau technique spécialisé, la fréquence exacte des césariennes d'urgence, le poids respectif de leurs facteurs associés (profil sociodémographique, statut de déplacée, antécédents d'utérus cicatriciel, délais d'évacuation) et l'ampleur précise du devenir maternel qui en découle (complications infectieuses, hémorragiques, durée de séjour et mortalité) ne sont pas documentés de manière récente sur la période s'étendant du 1er janvier 2025 au 1er janvier 2026.
C'est pour combler ce vide scientifique local que cette étude est initiée à l'Hôpital HEAL Africa de Goma, avec pour objectif d'identifier précisément les facteurs prédictifs de ces urgences et d'évaluer le pronostic maternel afin d'orienter les stratégies d'amélioration des Soins Obstétriques et Néonatals d'Urgence (SONU). Plan provisoire
.Introduction
-Informations générales
-présentation de milieu d’étude
-problématique
-questions de recherche
-hypothèse
-objectifs
-choix et intérêt
-définitions de concepts clés
. Revue de la littérature
.Matériels et Méthode
.Presentation des résultats
.Discussion des résultats
.Conclusion
.Bibliographie Hypothèses
Anticipativement, pour répondre à nos questions, nous émettons les hypothèses suivantes :
-Les césariennes d’urgence à l’hôpital HEAL Africa seraient principalement dues à des urgences maternelles et obstétricales majeures (dystocies mécaniques, cicatrices utérines, syndromes vasculo-rénaux / pré-éclampsie sévère, hémorragies de la délivrance ou hématome rétroplacentaire).
-Les facteurs associés à la réalisation de la césarienne d'urgence feraient suite au retard de référence de la patiente, à l'absence ou au suivi insuffisant des consultations prénatales (CPN), ainsi qu'aux antécédents gynaéco-obstétricaux complexes.
-Le devenir maternel serait marqué par la survenue de complications postopératoires (hémorragies, anémie aiguë, infections du site opératoire, réinterventions ou séjour en réanimation) corrélées au délai d'admission et de prise en charge opératoire. Méthodes
MATÉRIELS ET MÉTHODES
TYPE ET PÉRIODE D’ÉTUDE
Il s’agit d’une étude rétrospective à visée analytique et descriptive, basée sur l’exploitation des dossiers cliniques et fiches d'hospitalisation des patientes ayant subi une césarienne d’urgence à l’hôpital HEAL Africa sur une période de 12 mois, allant du 1er janvier 2025 au 1er janvier 2026.
POPULATION D’ÉTUDE
La population d’étude est constituée de l’ensemble des patientes admises et prises en charge pour une césarienne d’urgence dans le service de Gynécologie-Obstétrique de l’hôpital HEAL Africa au cours de la période sous examen.
ÉCHANTILLONNAGE ET EFFECTIF DES PATIENTS
Nous avons réalisé un échantillonnage non probabiliste de convenance par recensement exhaustif. L'échantillon comprend l'ensemble des cas de césariennes d'urgence enregistrés et répondant aux critères de sélection durant la période d'étude.
CRITÈRES D’INCLUSION
Étaient incluses dans la présente étude :
Toute patiente admise et opérée par césarienne d’urgence dans le service de Gynécologie-Obstétrique de l’hôpital HEAL Africa entre le 1er janvier 2025 et le 1er janvier 2026.
Toute patiente dont le dossier médical et la fiche d'hospitalisation étaient exploitables et complets quant aux variables d'étude recherchées.
CRITÈRES D’EXCLUSION
Étaient exclues de notre étude :
Les patientes ayant subi une césarienne programmée (élective).
Les femmes opérées par césarienne dans une autre structure sanitaire et reçues à HEAL Africa uniquement pour les soins postopératoires ou le suivi des complications.
Les cas de césariennes d’urgence dont les dossiers médicaux étaient introuvables ou présentaient des données manquantes majeures.
COLLECTE DES DONNÉES
La collecte des données a été effectuée à l'aide d'une fiche de récolte des données élaborée sur la base de nos objectifs de recherche. Les informations ont été extraites par la consultation systématique :
Des dossiers médicaux et fiches d'hospitalisation des patientes opérées.
Des registres du bloc opératoire.
Des registres d'accouchement et d'hospitalisation du service de Gynécologie-Obstétrique de l'hôpital HEAL Africa.
PARAMÈTRES ET VARIABLES D’ÉTUDE
Pour répondre aux objectifs de recherche, les variables retenues s'articulent autour de trois axes principaux :
Caractéristiques sociodémographiques et gynéco-obstétriques : Âge, niveau d'instruction, état civil, parité, gestité, antécédents de césarienne (utérus cicatriciel) et suivi des consultations prénatales (CPN).
Facteurs associés et indications : Mode d'admission (venue d'elle-même ou référée), provenance, délai d'admission et de prise en charge, indications médicales ou obstétricales de la césarienne d'urgence (dystocies, pré-éclampsie/éclampsie, HRP, rupture utérine, etc.).
Devenir maternel : Evolution clinique postopératoire, survenue de complications maternelles (hémorragie de la délivrance, anémie sévère, infection du site opératoire, choc, réintervention, transfert en réanimation), durée d'hospitalisation et état de la mère à la sortie (guérie, transférée, décès maternel).
TECHNIQUES ET MÉTHODES EMPLOYÉES
Technique documentaire : Elle a consisté en l’analyse rigoureuse des dossiers cliniques, fiches de suivi postopératoire et registres d'archives de l’hôpital HEAL Africa.
Méthodes statistiques : Des statistiques descriptives (calcul des fréquences absolues et pourcentages) ont été utilisées. Pour identifier les facteurs associés au devenir maternel, des tests d'association (notamment le Chi-carré de Pearson ou le test exact de Fisher, selon le cas) ont été appliqués.
SAISIE, TRAITEMENT ET ANALYSE DES DONNÉES
Les données récoltées ont été encodées et nettoyées à l'aide du logiciel Microsoft Excel, puis analysées grâce au logiciel SPSS (ou Epi-Info). La rédaction et la mise en page du document final ont été réalisées sur le logiciel Microsoft Office
LIMITES ET DIFFICULTÉS RENCONTRÉES
Dans la réalisation de cette étude, nous avons été confrontés à certaines limites et contraintes :
Limites : Le caractère rétrospectif de l'étude basé sur des données secondaires colligées par des tiers, ne permettant pas de contrôler la précision initiale de certains enregistrements.
Difficultés :
L'incomplétude ou la mauvaise tenue de certains dossiers médicaux ayant conduit à l'exclusion de cas.
Le manque de précision sur le délai exact écoulé entre la décision de césariser et la réalisation effective de l'acte chirurgical dans certains registres. Bibliographie
Bibliographie
1. Boerma T, Ronsmans C, Melesse DY, Barros AJ, Barros FC, Juan L, et al. Global epidemiology of use of caesarean section. Lancet. 2018;392(10155):1341-1348.
2. World Health Organization. WHO Statement on Caesarean Section Rates. Geneva: World Health Organization; 2015.
3. Betran AP, Ye J, Moller AB, Zhang J, Gülmezoglu AM, Torloni MR. The Increasing Trends in Caesarean Section Rates: Global, Regional and National Estimates: 1990-2014. PLoS One. 2016;11(2):e0148343.
4. Thomas J, Paranjothy S. Royal College of Obstetricians and Gynaecologists Clinical Effectiveness Support Unit. The National Sentinel Caesarean Section Audit Report. London: RCOG Press; 2001.
5. Organisation Mondiale de la Santé. Rapport de situation humanitaire et sanitaire : République Démocratique du Congo - Nord-Kivu. Genève: OMS; 2023.
6. Sobhy S, Arroyo-Manzano D, Murugesu N, Karthikeyan G, Kumar V, Kaur I, et al. Maternal and perinatal mortality and complications associated with caesarean section in low-income and middle-income countries: a systematic review and meta-analysis. Lancet. 2019;393(10184):1973-1982.
7. Chu K, Cortier H, Maldonado F, Mashant T, Ford N, Trelles M. Cesarean section surgical site infections in fragile states: a multi-country study in Sub-Saharan Africa. Surg Infect (Larchmt). 2015;16(3):274-281.
8. Azene AG, Aragaw AM, Wassie GD. Factors associated with emergency cesarean section delivery in public hospitals of North Gondar Zone, Northwest Ethiopia. BMC Pregnancy Childbirth. 2021;21(1):568.
9. Harrison MS, Goldenberg RL. Cesarean section in sub-Saharan Africa. Matern Health Neonatol Perinatol. 2016;2:6.
10. Ministère de la Santé Publique RDC. Enquête Démographique et de Santé en RDC (EDS-RDC II 2013-2014). Kinshasa: MSP; 2014.
11. Nkuku JK, Ntambue AM, Malonga F. Morbidité et mortalité maternelles associées à la césarienne en milieu à faibles ressources en RDC. Santé Publique. 2020;32(2):189-198.
12. Kakudji BK, Mukuku O, Kiapin L, Kimbala J. Profil épidémiologique et clinique de la césarienne en République Démocratique du Congo. Pan Afr Med J. 2017;28:162.
Directeur & Encadreur
Status
Décision ou observation:
Feu vert:
Déposé : NON
Défendu: NON
Finalisé: NON
Facteurs associés et devenir des césariennes d’urgences,cas de l’hôpital tertiaire Heal Africa Du 1ier janvier 2025 au 1ier janvier 2026
Résumé
Auteur : BULITO BALUTI
Niveau: L2
Département: Medecine Humaine
Année Ac: 2025-2026 , | 2026-08-16 19:39:56
Mots clés
Césarienne d’urgence : L'intervention chirurgicale d'accouchement réalisée en urgence pour faire face à une complication aiguë chez la mère ou le fœtus. Facteurs associés : Les éléments (médicaux, obstétricaux, socio-démographiques) liés à la décision de réaliser la césarienne d'urgence. Devenir maternel : L'évolution de l'état de santé de la mère après la césarienne d'urgence (complications maternelles, durée d'hospitalisation, guérison, morbidité, mortalité maternelle).Intérêt
La césarienne d’urgence demeure une intervention chirurgicale majeure réalisée dans un contexte d'urgence vitale pour la mère, pouvant entraîner des complications postopératoires significatives. L’étude des facteurs qui conduisent à cette intervention et l'évaluation du suivi maternel sont essentielles pour améliorer la santé de la femme.Sur le plan scientifique : Ce travail mettra à la disposition des enseignants et du corps médical des données épidémiologiques et cliniques centrées sur les déterminants et le pronostic maternel des césariennes d’urgence à l’hôpital HEAL Africa. Il enrichira la littérature locale sur la prise en charge des urgences obstétricales.
Sur le plan personnel : Cette étude me permettra d'approfondir mes connaissances sur la surveillance postopératoire des accouchées et le management des complications maternelles, un atout précieux pour ma future carrière professionnelle en santé.
Sur le plan socio-culturel : En mettant en lumière la morbidité et la mortalité maternelles liées aux retard de prise en charge, cette étude fournira des pistes concrètes pour sensibiliser la population à la fréquentation précoce des structures de santé et aidera à améliorer la prise en charge globale de la femme au sein de notre communauté.
Problématique
À l'échelle mondiale, la césarienne est l'une des interventions chirurgicales les plus pratiquées, représentant près de 29,7 millions de naissances chaque année, soit 21,1 % de l'ensemble des accouchements [1]. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) établit un taux optimal de césariennes entre 5 % et 15 %, estimant qu'un taux inférieur à 5 % témoigne d'un sous-accès critique aux Soins Obstétriques d'Urgence (SONU), exposant les mères à des complications graves irréversibles [2]. Parmi l'ensemble des césariennes réalisées dans le monde, la proportion d'interventions pratiquées en urgence absolue varie considérablement : si elle représente environ 30 à 40 % des césariennes dans les pays développés, elle dépasse fréquemment 70 à 85 % dans les pays à faibles ressources [3,4].Dans les pays industrialisés, le recours à la césarienne d'urgence survient majoritairement lors d'un travail d'accouchement médicalisé et surveillé. Les indications majeures y sont dominées par la détresse fœtale aiguë (42 à 48 % des cas) et la stagnation du travail par dystocie (25 à 30 %) [4]. Grâce à un plateau technique performant et à un délai décision-incision court (souvent inférieur à 30 minutes), la morbidité maternelle globale liée à la césarienne d'urgence y reste contenue, oscillant entre 3 et 6 %, et la mortalité maternelle directe imputable à l'acte en urgence y est devenue exceptionnelle (moins de 1 pour 100 000 interventions) [4,5].
En Afrique subsaharienne, la césarienne d'urgence constitue un acte de sauvetage extrême réalisé dans un contexte hautement défavorable. Une méta-analyse majeure publiée par The Lancet révèle que la mortalité maternelle après une césarienne dans les pays à faibles et moyens revenus est 100 fois plus élevée que dans les pays développés, atteignant 10,9 décès pour 1 000 interventions, l'immense majorité de ces décès survenant après une césarienne réalisée en urgence [6]. La morbidité maternelle per et post-opératoire y atteint des proportions alarmantes, frappant entre 15 et 28 % des opérées [6,7]. Les complications majeures sont dominées par l'hémorragie massive du postpartum (8,2 à 12,5 %), le sepsis et les infections du site opératoire (7,3 à 14,1 %), ainsi que la rupture utérine à l'admission (4,5 à 8 %) [6,7].
Ces mauvais résultats maternels en Afrique subsaharienne sont directement imputables à un réseau complexe de facteurs associés pré-hospitaliers et intra-hospitaliers. Sur le plan individuel et clinique, la faible couverture en consultations prénatales (moins de 4 CPN dans plus de 55 % des cas) et la présence d'un utérus cicatriciel non planifié (présent chez 18 à 24 % des urgences) constituent des facteurs de risque prédominants [7,8]. Sur le plan organisationnel, la chaîne des « trois retards » joue un rôle déterminant : le délai moyen d'évacuation sanitaire dépasse 4 heures dans plus de 60 % des cas référés, et le délai entre la décision médicale et l'incision chirurgicale dépasse 2 heures dans près de 70 % des hôpitaux de district, contre une norme internationale de 30 minutes [8,9].
En République Démocratique du Congo (RDC), la mortalité maternelle reste très élevée (473 décès pour 100 000 naissances vivantes) [10]. Les données nationales sur les structures de référence montrent que 65 à 80 % de toutes les césariennes réalisées le sont en urgence [10,11]. Chez ces patientes opérées en urgence, le taux de complications maternelles globales s'élève à près de 22,4 % [11]. Les facteurs prédictifs majeurs de cette lourde morbidité en RDC sont la provenance hors de la zone de santé (OR = 2,8), le statut de patiente référée d'une structure périphérique (OR = 3,4), un délai d'admission-intervention prolongé supérieur à 3 heures (OR = 4,1) et l'absence de disponibilité immédiate de produits sanguins labiles (nécessaires chez 14,2 % des patientes en urgence) [11,12].
Dans la ville de Goma, située dans la province du Nord-Kivu, le contexte sécuritaire et humanitaire précaire entraîne des flux continus de populations déplacées, dégradant davantage l'accès aux soins prénataux de base [5]. L’Hôpital HEAL Africa, en tant que structure tertiaire et centre de référence majeur, reçoit un volume élevé d'urgences obstétricales complexes. Si cet établissement dispose d'un plateau technique spécialisé, la fréquence exacte des césariennes d'urgence, le poids respectif de leurs facteurs associés (profil sociodémographique, statut de déplacée, antécédents d'utérus cicatriciel, délais d'évacuation) et l'ampleur précise du devenir maternel qui en découle (complications infectieuses, hémorragiques, durée de séjour et mortalité) ne sont pas documentés de manière récente sur la période s'étendant du 1er janvier 2025 au 1er janvier 2026.
C'est pour combler ce vide scientifique local que cette étude est initiée à l'Hôpital HEAL Africa de Goma, avec pour objectif d'identifier précisément les facteurs prédictifs de ces urgences et d'évaluer le pronostic maternel afin d'orienter les stratégies d'amélioration des Soins Obstétriques et Néonatals d'Urgence (SONU).
Plan provisoire
.Introduction-Informations générales
-présentation de milieu d’étude
-problématique
-questions de recherche
-hypothèse
-objectifs
-choix et intérêt
-définitions de concepts clés
. Revue de la littérature
.Matériels et Méthode
.Presentation des résultats
.Discussion des résultats
.Conclusion
.Bibliographie
Hypothèses
Anticipativement, pour répondre à nos questions, nous émettons les hypothèses suivantes :-Les césariennes d’urgence à l’hôpital HEAL Africa seraient principalement dues à des urgences maternelles et obstétricales majeures (dystocies mécaniques, cicatrices utérines, syndromes vasculo-rénaux / pré-éclampsie sévère, hémorragies de la délivrance ou hématome rétroplacentaire).
-Les facteurs associés à la réalisation de la césarienne d'urgence feraient suite au retard de référence de la patiente, à l'absence ou au suivi insuffisant des consultations prénatales (CPN), ainsi qu'aux antécédents gynaéco-obstétricaux complexes.
-Le devenir maternel serait marqué par la survenue de complications postopératoires (hémorragies, anémie aiguë, infections du site opératoire, réinterventions ou séjour en réanimation) corrélées au délai d'admission et de prise en charge opératoire.
Méthodes
MATÉRIELS ET MÉTHODESTYPE ET PÉRIODE D’ÉTUDE
Il s’agit d’une étude rétrospective à visée analytique et descriptive, basée sur l’exploitation des dossiers cliniques et fiches d'hospitalisation des patientes ayant subi une césarienne d’urgence à l’hôpital HEAL Africa sur une période de 12 mois, allant du 1er janvier 2025 au 1er janvier 2026.
POPULATION D’ÉTUDE
La population d’étude est constituée de l’ensemble des patientes admises et prises en charge pour une césarienne d’urgence dans le service de Gynécologie-Obstétrique de l’hôpital HEAL Africa au cours de la période sous examen.
ÉCHANTILLONNAGE ET EFFECTIF DES PATIENTS
Nous avons réalisé un échantillonnage non probabiliste de convenance par recensement exhaustif. L'échantillon comprend l'ensemble des cas de césariennes d'urgence enregistrés et répondant aux critères de sélection durant la période d'étude.
CRITÈRES D’INCLUSION
Étaient incluses dans la présente étude :
Toute patiente admise et opérée par césarienne d’urgence dans le service de Gynécologie-Obstétrique de l’hôpital HEAL Africa entre le 1er janvier 2025 et le 1er janvier 2026.
Toute patiente dont le dossier médical et la fiche d'hospitalisation étaient exploitables et complets quant aux variables d'étude recherchées.
CRITÈRES D’EXCLUSION
Étaient exclues de notre étude :
Les patientes ayant subi une césarienne programmée (élective).
Les femmes opérées par césarienne dans une autre structure sanitaire et reçues à HEAL Africa uniquement pour les soins postopératoires ou le suivi des complications.
Les cas de césariennes d’urgence dont les dossiers médicaux étaient introuvables ou présentaient des données manquantes majeures.
COLLECTE DES DONNÉES
La collecte des données a été effectuée à l'aide d'une fiche de récolte des données élaborée sur la base de nos objectifs de recherche. Les informations ont été extraites par la consultation systématique :
Des dossiers médicaux et fiches d'hospitalisation des patientes opérées.
Des registres du bloc opératoire.
Des registres d'accouchement et d'hospitalisation du service de Gynécologie-Obstétrique de l'hôpital HEAL Africa.
PARAMÈTRES ET VARIABLES D’ÉTUDE
Pour répondre aux objectifs de recherche, les variables retenues s'articulent autour de trois axes principaux :
Caractéristiques sociodémographiques et gynéco-obstétriques : Âge, niveau d'instruction, état civil, parité, gestité, antécédents de césarienne (utérus cicatriciel) et suivi des consultations prénatales (CPN).
Facteurs associés et indications : Mode d'admission (venue d'elle-même ou référée), provenance, délai d'admission et de prise en charge, indications médicales ou obstétricales de la césarienne d'urgence (dystocies, pré-éclampsie/éclampsie, HRP, rupture utérine, etc.).
Devenir maternel : Evolution clinique postopératoire, survenue de complications maternelles (hémorragie de la délivrance, anémie sévère, infection du site opératoire, choc, réintervention, transfert en réanimation), durée d'hospitalisation et état de la mère à la sortie (guérie, transférée, décès maternel).
TECHNIQUES ET MÉTHODES EMPLOYÉES
Technique documentaire : Elle a consisté en l’analyse rigoureuse des dossiers cliniques, fiches de suivi postopératoire et registres d'archives de l’hôpital HEAL Africa.
Méthodes statistiques : Des statistiques descriptives (calcul des fréquences absolues et pourcentages) ont été utilisées. Pour identifier les facteurs associés au devenir maternel, des tests d'association (notamment le Chi-carré de Pearson ou le test exact de Fisher, selon le cas) ont été appliqués.
SAISIE, TRAITEMENT ET ANALYSE DES DONNÉES
Les données récoltées ont été encodées et nettoyées à l'aide du logiciel Microsoft Excel, puis analysées grâce au logiciel SPSS (ou Epi-Info). La rédaction et la mise en page du document final ont été réalisées sur le logiciel Microsoft Office
LIMITES ET DIFFICULTÉS RENCONTRÉES
Dans la réalisation de cette étude, nous avons été confrontés à certaines limites et contraintes :
Limites : Le caractère rétrospectif de l'étude basé sur des données secondaires colligées par des tiers, ne permettant pas de contrôler la précision initiale de certains enregistrements.
Difficultés :
L'incomplétude ou la mauvaise tenue de certains dossiers médicaux ayant conduit à l'exclusion de cas.
Le manque de précision sur le délai exact écoulé entre la décision de césariser et la réalisation effective de l'acte chirurgical dans certains registres.
Bibliographie
Bibliographie1. Boerma T, Ronsmans C, Melesse DY, Barros AJ, Barros FC, Juan L, et al. Global epidemiology of use of caesarean section. Lancet. 2018;392(10155):1341-1348.
2. World Health Organization. WHO Statement on Caesarean Section Rates. Geneva: World Health Organization; 2015.
3. Betran AP, Ye J, Moller AB, Zhang J, Gülmezoglu AM, Torloni MR. The Increasing Trends in Caesarean Section Rates: Global, Regional and National Estimates: 1990-2014. PLoS One. 2016;11(2):e0148343.
4. Thomas J, Paranjothy S. Royal College of Obstetricians and Gynaecologists Clinical Effectiveness Support Unit. The National Sentinel Caesarean Section Audit Report. London: RCOG Press; 2001.
5. Organisation Mondiale de la Santé. Rapport de situation humanitaire et sanitaire : République Démocratique du Congo - Nord-Kivu. Genève: OMS; 2023.
6. Sobhy S, Arroyo-Manzano D, Murugesu N, Karthikeyan G, Kumar V, Kaur I, et al. Maternal and perinatal mortality and complications associated with caesarean section in low-income and middle-income countries: a systematic review and meta-analysis. Lancet. 2019;393(10184):1973-1982.
7. Chu K, Cortier H, Maldonado F, Mashant T, Ford N, Trelles M. Cesarean section surgical site infections in fragile states: a multi-country study in Sub-Saharan Africa. Surg Infect (Larchmt). 2015;16(3):274-281.
8. Azene AG, Aragaw AM, Wassie GD. Factors associated with emergency cesarean section delivery in public hospitals of North Gondar Zone, Northwest Ethiopia. BMC Pregnancy Childbirth. 2021;21(1):568.
9. Harrison MS, Goldenberg RL. Cesarean section in sub-Saharan Africa. Matern Health Neonatol Perinatol. 2016;2:6.
10. Ministère de la Santé Publique RDC. Enquête Démographique et de Santé en RDC (EDS-RDC II 2013-2014). Kinshasa: MSP; 2014.
11. Nkuku JK, Ntambue AM, Malonga F. Morbidité et mortalité maternelles associées à la césarienne en milieu à faibles ressources en RDC. Santé Publique. 2020;32(2):189-198.
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Déposé : NON
Défendu: NON
Finalisé: NON
