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Détails du sujet

prévalence, profil clinique et prise en charge de la prééclampsie à l'Hôpital de Kyeshero


Résumé


Auteur : KATUMWA MBONYI
Niveau: L2
Département: Medecine Humaine
Année Ac: 2025-2026 , | 2026-07-31 22:39:24

Mots clés

Harvey

Intérêt

Le choix de ce sujet se justifie par le fait que la prééclampsie constitue l'une des principales complications de la grossesse et demeure une cause majeure de morbidité et de mortalité maternelles et périnatales, particulièrement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire tels que la République Démocratique du Congo. Malgré les progrès réalisés dans le domaine de la santé maternelle, cette affection continue d'être à l'origine de nombreuses complications graves, notamment l'éclampsie, le syndrome HELLP, l'insuffisance rénale aiguë, les accidents vasculaires cérébraux, la prématurité et la mortalité fœtale. À Goma, et plus particulièrement à l'Hôpital de Kyeshero, les données épidémiologiques récentes concernant la prévalence de la prééclampsie restent limitées, ce qui constitue un obstacle à une planification efficace des interventions de prévention et de prise en charge.
La réalisation de cette étude présente un intérêt scientifique, clinique et de santé publique. Elle permettra de déterminer la prévalence de la prééclampsie à l'Hôpital de Kyeshero, d'identifier les caractéristiques des patientes concernées ainsi que les principaux facteurs associés à cette pathologie. Les résultats obtenus contribueront à renforcer les stratégies de dépistage précoce, à améliorer la qualité de la prise en charge obstétricale et à réduire les complications maternelles et périnatales liées à cette affection. En outre, ce travail constituera une source de données locales pouvant servir de référence aux décideurs, aux responsables des programmes de santé maternelle, aux professionnels de santé ainsi qu'aux futurs chercheurs désireux d'approfondir les connaissances sur la prééclampsie dans le contexte de la ville de Goma et de la République Démocratique du Congo.

Problématique

La prééclampsie etant reconnut comme un trouble hypertensif spécifique de la grossesse, caractérisé par l'apparition d'une hypertension artérielle après la 20ᵉ semaine d'aménorrhée, associée à une protéinurie et/ou à des signes d'atteinte d'organes maternels. [1] Elle représente l'une des principales causes de morbidité et de mortalité maternelles et périnatales dans le monde, particulièrement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. [2] Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la prééclampsie touche environ 3 à 8 % des grossesses à l'échelle mondiale et les troubles hypertensifs de la grossesse sont responsables d'environ 16 % des décès maternels. [3] En l'absence d'un diagnostic précoce et d'une prise en charge adaptée, cette affection peut évoluer vers des complications graves telles que l'éclampsie, le syndrome HELLP, l'insuffisance rénale aiguë, l'accident vasculaire cérébral, le décollement placentaire, la prématurité, le retard de croissance intra-utérin et le décès maternel ou fœtal.
A l’échelle continentale, La prééclampsie constitue l'une des complications les plus graves de la grossesse et demeure un problème majeur de santé publique. Une méta-analyse récente a estimé une prévalence mondiale de 4,43 % des grossesses, avec des différences significatives entre les régions. [4] Les études réalisées en Europe rapportent généralement des prévalences comprises entre 2 et 5 %, attribuées à un dépistage précoce, à une surveillance obstétricale rigoureuse et à l'application de protocoles de prévention chez les femmes à haut risque. [5] Les études réalisées en Amérique du Nord montrent des prévalences comparables, généralement comprises entre 3 et 5 %, bien que des taux plus élevés soient observés dans certaines populations présentant une forte prévalence d'obésité, de diabète ou d'hypertension chronique. [6]
En revanche, les recherches conduites en Asie mettent en évidence une plus grande variabilité, avec des prévalences allant de 2 % à plus de 10 % selon les pays et les contextes sanitaires, les taux les plus élevés étant observés dans plusieurs pays d'Asie du Sud et du Sud-Est où persistent des difficultés d'accès aux soins obstétricaux et un diagnostic souvent tardif. [7]
En Afrique, la prééclampsie demeure l'une des principales causes de morbidité et de mortalité maternelles et périnatales. Comparativement aux continents à revenu élevé, les pays africains enregistrent les prévalences les plus élevées, principalement en raison du retard de diagnostic, de l'insuffisance du suivi prénatal, des difficultés d'accès aux soins obstétricaux spécialisés et des contraintes socio-économiques. Une méta-analyse récente incluant des études réalisées dans plusieurs pays africains a montré que la prévalence de la prééclampsie dépasse 10 % dans plusieurs pays d'Afrique subsaharienne, avec des taux particulièrement élevés rapportés en Tanzanie (14,49 %) et en Afrique du Sud (9,31 %), témoignant d'une forte hétérogénéité selon les contextes sanitaires. [5]
Ces résultats sont corroborés par une revue systématique portant sur l'Afrique subsaharienne, qui a estimé une incidence cumulée de la prééclampsie à 13 % (IC95 % : 12–14 %). Les auteurs soulignent que cette fréquence élevée est étroitement liée aux insuffisances des systèmes de santé, au faible recours aux consultations prénatales, au diagnostic tardif ainsi qu'à la forte prévalence des facteurs de risque maternels dans la région. [8] À l'échelle nationale, une méta-analyse réalisée au Nigeria en 2024 confirme également l'importance de cette pathologie, mettant en évidence une prévalence élevée de la prééclampsie/éclampsie ainsi qu'un risque important de complications maternelles et fœtales, ce qui renforce la nécessité d'améliorer les stratégies de prévention, de dépistage précoce et de prise en charge dans les pays africains. [9]
En République Démocratique du Congo (RDC), la prééclampsie demeure une préoccupation majeure de santé publique en raison de son impact sur la morbidité et la mortalité maternelles et périnatales. Malgré les efforts déployés pour améliorer la santé maternelle, cette affection continue de représenter une cause fréquente d'hospitalisation obstétricale et de complications graves dans les hôpitaux de référence. Une étude multicentrique réalisée dans des hôpitaux tertiaires de la RDC entre juillet 2021 et juillet 2022 a rapporté une incidence hospitalière de 3,23 % des cas de prééclampsie et d'éclampsie parmi 1 236 accouchements. Cette étude a également montré que 75 % des cas survenaient avant l'accouchement, que 62,5 % des patientes étaient primipares et que les principales complications maternelles étaient le syndrome HELLP et l'hématome rétroplacentaire, tandis que le retard de croissance intra-utérin constituait la complication fœtale la plus fréquente. [10]
Par ailleurs, une étude menée aux Cliniques Universitaires de Kinshasa a mis en évidence que plusieurs paramètres cliniques maternels étaient fortement associés à la survenue de complications maternelles et fœtales chez les femmes atteintes de prééclampsie, soulignant l'importance d'un dépistage précoce et d'une surveillance obstétricale renforcée afin de réduire la gravité de cette affection. [11]
Dans la province du Nord-Kivu, la prééclampsie demeure une complication obstétricale fréquente, contribuant de manière importante à la morbidité maternelle et périnatale. Toutefois, les données épidémiologiques à l'échelle provinciale restent limitées, la majorité des études ayant été réalisées dans les formations sanitaires de la ville de Goma. Une revue systématique portant sur les issues maternelles et néonatales dans l'Est de la République Démocratique du Congo a montré que les données disponibles pour le Nord-Kivu sont encore insuffisantes et essentiellement hospitalières. Parmi les femmes présentant des complications obstétricales dans 42 structures de santé de la province, 17,4 % étaient diagnostiquées avec une prééclampsie, témoignant de l'importance de cette affection dans les services de référence. [12] Par ailleurs, une étude cas-témoins menée à Goma a rapporté que 11,1 % des participantes présentaient un antécédent de prééclampsie, soulignant la persistance de cette pathologie dans la province. [12]
En outre, un essai clinique multicentrique réalisé dans quatorze structures sanitaires du Nord-Kivu (Goma, Nyiragongo et Mwesso) et du Sud-Kivu a montré qu'une supplémentation précoce en vitamine D réduisait significativement le risque de prééclampsie chez les primigestes, mettant en évidence la nécessité de renforcer les stratégies préventives dans cette région. [13] Malgré ces travaux, les données spécifiques au Nord-Kivu demeurent fragmentaires et ne permettent pas d'apprécier avec précision la prévalence provinciale de la prééclampsie. Cette insuffisance de données justifie la réalisation d'études locales dans les hôpitaux de référence de la province, notamment à l'Hôpital de Kyeshero.
Ces résultats montrent que la prééclampsie reste un problème de santé publique majeur en RDC. Toutefois, les données demeurent limitées à quelques centres hospitaliers, alors que plusieurs provinces, notamment le Nord-Kivu, disposent de peu d'études épidémiologiques récentes. Cette insuffisance de données locales justifie la réalisation d'études visant à déterminer la prévalence de la prééclampsie dans différents hôpitaux du pays, notamment à l'Hôpital de Kyeshero à Goma.

Plan provisoire

0. PAGES PRELIMINAIRES
Couverture
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Epigraphe
Dédicace
Remerciements
Sigles, symboles et abréviations
Liste des tableaux
Résumé
Abstract
Table de matières
CHAPITRE I. INTRODUCTION
I.1. Epidémiologie
I.2. Problématique
a) Questions de recherche
• Question générale
• Questions spécifiques
I.3. HYPOTHESES
I.4. OBJECTIFS
a) Objectif général
b) Objectifs spécifiques
I.5. CHOIX ET INTERET DU SUJET
I.5.1. CHOIX DU SUJET
I.5.2. INTERET DU SUJET
• Interet personnel
• Interet scientifique
• Interet sanitaire
• Interet social
I.6. DELIMITATION DU SUJET
I.7. SUBDIVISION DU TRAVAIL
CHAPITRE II. GENERALITE SUR LE SUJET
CHAPITRE III. MATERIEL ET METHODES
III.1. CADRE D’ETUDE (présentation du milieu d’étude)
III.2. MATERIEL
• Type et période d’étude
• Population d’étude
• Technique d’échantillonnage et taille de l’échantillon
• Critères de sélection (critère d’inclusion et critère d’exclusion)
III.3. TECHNIQUES ET METHODES DE COLLECTE DES DONNEES
• Techniques
• Méthodes
• Outils de collecte des données
• Variables d’étude
• Difficultés rencontrées
• Considérations éthiques
CHAPITRE IV. RESULTATS
CHAPITRE V. DISCUSSION DES RESULTATS
CHAPITRE VI. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Hypothèses

1. La prévalence de la prééclampsie à l'Hôpital de Kyeshero de Goma est élevée par rapport aux données rapportées dans les pays à revenu élevé.
2. Les manifestations cliniques dominantes de la prééclampsie chez les patientes prises en charge à l'Hôpital de Kyeshero sont l'hypertension artérielle, la protéinurie, les céphalées, les troubles visuels et les œdèmes.
3. La prise en charge de la prééclampsie à l'Hôpital de Kyeshero repose principalement sur le sulfate de magnésium, les antihypertenseurs, la surveillance materno-fœtale et l'interruption de la grossesse lorsque celle-ci est indiquée.

Méthodes

MATERIELS ET METHODES
III.1 Cadre d’étude
Cette étude sera menée à l’Hôpital Général de Référence de Kyeshero, situé dans la ville de Goma, province du Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo (RDC). Cet hôpital est l’une des principales structures sanitaires de la région, offrant offrant des services de gynécologie-obstétrique, de médecine interne, de pédiatrie, de chirurgie, de laboratoire, d'imagerie médicale ainsi que d'autres services spécialisés. Le service de maternité assure le suivi des grossesses, les accouchements et la prise en charge des urgences obstétricales, notamment les troubles hypertensifs de la grossesse. L’étude se focalisera sur les patientes reçu au sein de cet hôpital.
III.2 Type et période d’étude
Il s'agira d'une étude descriptive et analytique à collecte prospective visant à déterminer la prévalence, profil clinique et prise en charge de la prééclampsie à l'Hôpital de Kyeshero. La collecte des données se déroulera du Juillet 2026 au 30 juin 2027.
III.3 Population d’étude
La population d'étude sera constituée de toutes les femmes enceintes admises dans le service de gynécologie-obstétrique de l'Hôpital de Kyeshero durant la période d'étude et présentant un diagnostic de prééclampsie..
II.4 Critères d’inclusion
Seront incluses dans cette étude :
1. Toutes les femmes enceintes chez qui un diagnostic de prééclampsie sera posé conformément aux critères diagnostiques en vigueur ;
2. Les patientes admises et prises en charge à l'hôpital de kyeshero durant la période de l'étude ;
3. Les patientes (ou leurs représentants légaux) ayant donné leur consentement libre et éclairé à participer à l'étude.
III.5 Critères d’exclusion
Seront exclus de l’étude :
1. Les femmes présentant une hypertension chronique sans prééclampsie ;
2. les patientes refusant de participer à l'étude ;
3. Les patientes dont les données seront incomplètes malgré le suivi.
III.6 Échantillonnage
Un échantillonnage consécutif non probabiliste sera utilisé. Toutes les patientes répondant aux critères d'inclusion seront recrutées de manière consécutive jusqu'à la fin de la période de collecte. La taille de l'échantillon correspondra à toutes les patientes répondant aux critères d'inclusion durant la période de collecte.
III.7 Cadre opérationnel
La collecte des données se déroulera dans les services de gynécologie-obstétrique de l’Hôpital de Kyeshero.
III.8 Méthode, Technique et Outil de Collecte des Données
Les données seront recueillies prospectivement au moyen d'une fiche de collecte préétablie. Les informations seront obtenues à partir de l'interrogatoire des patientes, de l'examen clinique, des résultats des examens complémentaires ainsi que des fiches d'hospitalisation et du dossier médical, tout au long de leur prise en charge.
III.9 Saisie, Traitement et Analyse des Données
Les données seront saisies sous Microsoft Excel, puis analysées à l'aide du logiciel SPSS version 27 (ou Stata/R).
L'analyse descriptive comportera :
1. Les fréquences et pourcentages pour les variables qualitatives ;
2. Les moyennes ± écart-type ou les médianes (iqr) pour les variables quantitatives.
L'analyse analytique visera à rechercher les facteurs associés à la prééclampsie et à ses complications.
Les tests statistiques appropriés seront utilisés :
1. Test du Chi carré ou test exact de Fisher pour les variables qualitatives ;
2. Test t de Student ou test de Mann-Whitney pour les variables quantitatives ;
3. Régression logistique bivariée puis multivariée afin d'identifier les facteurs indépendamment associés à la prééclampsie.
Le seuil de significativité sera fixé à p < 0,05 avec un intervalle de confiance de 95 %.
III.10 Diffusion des Résultats
Les résultats de cette étude seront diffusés selon les canaux suivants :
1. Rapport final : transmis à l’Hôpital Général de Référence de Kyeshero et aux autorités sanitaires locales ;
2. Présentations orales : lors de la défense à la faculté de Médecine de l’ULPGL/GOMA;

III.11 Considérations éthiques
L’étude respectera les principes éthiques fondamentaux, tels que :
1. Consentement éclairé : chaque participant recevra une explication claire sur les objectifs, méthodes et bénéfices potentiels de l’étude avant de signer un formulaire de consentement.
2. Confidentialité : Les données seront anonymisées et traitées de manière strictement confidentielle, conformément aux principes éthiques de la Déclaration d'Helsinki.
3. Lettre de recherche offerte par l’Université Libre ddes Pays des Grands Lacs (ULPGL/GOMA).
4. Non-malfaisance : aucune procédure invasive ou nuisible ne sera réalisée dans le cadre de cette étude.

Bibliographie


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