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Détails du sujet

Enjeux de santé mentale chez les personnels soignants durant les conflits armés à Goma du 26 janvier 2025 au 15 février 2025 : analyse du vécu psychologique ; cas CH Bethesda"


Résumé


Auteur : AGANZE MULAHUKO
Niveau: L2
Département: Medecine Humaine
Année Ac: 2024-2025 , | 2025-08-23 12:04:41

Mots clés

Troubles anxieux, stress post-traumatique, anxiété

Intérêt

1.interet sociale et humanitaire

Les conflits armés, fréquents à l’Est de la RDC, exposent directement les populations civiles mais aussi les personnels de santé, qui deviennent des victimes indirectes. Étudier leur vécu psychologique permet de mettre en lumière une catégorie souvent oubliée dans les interventions humanitaires.

2. Enjeu de santé publique

Les troubles mentaux (stress post-traumatique, anxiété, dépression) compromettent la qualité des soins. Comprendre leur ampleur et leurs formes chez les soignants est essentiel pour assurer la continuité des services de santé en période de crise.

3. Intérêt scientifique et académique

La recherche sur la santé mentale en contexte de guerre reste limitée en RDC, particulièrement sur les soignants. Mon étude va combler une lacune et fournir des données contextuelles locales, utiles pour les autres chercheurs et décideurs.

4. Intérêt institutionnel

À l’hôpital Bethesda de Goma, l’identification des difficultés psychologiques des soignants peut servir de base à l’élaboration de programmes de soutien psychologique et de renforcement de la résilience du personnel médical.

5. Intérêt stratégique et politique

Les résultats pourront orienter les autorités sanitaires, les ONG et partenaires humanitaires dans l’intégration de la santé mentale du personnel soignant dans les plans de réponse humanitaire et de reconstruction post-conflit.

6. Intérêt personnel et professionnel

Valider mon cycle mais aussi pour aider les chercheurs et praticiens en sciences de la santé, ce travail offre l’opportunité de développer une expertise sur un sujet d’actualité, tout en contribuant à améliorer la qualité de vie professionnelle des soignants.

Problématique

Depuis plus de 30 ans, l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) est en proie à un conflit armé permanent. L’afflux de blessés de guerre et le nombre croissant de morts constituent le quotidien du personnel soignant, une réalité qui n’est pas sans conséquences sur leur bien-être psychologique. Leur santé mentale est souvent mise à rude épreuve.
La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, a connu une recrudescence des affrontements entre le 26 janvier et le 15 février 2025. Alors que les combats se tenaient initialement en périphérie, ils ont fini par atteindre la ville elle-même, provoquant des milliers de morts, de blessés, des cas de viols, ainsi que de nombreuses victimes souffrant de stress psychologique.
Dans ce contexte, toute la population est en alerte et confinée chez elle, tandis que seuls les personnels soignants restent en première ligne, exposés au danger. Ces derniers sont confrontés à des situations de stress aigu et à des traumatismes directs (prise en charge de patients gravement blessés par balle, menaces sur leur sécurité) ainsi qu ‘indirects (témoignages répétés des souffrances de leurs patients). Animés par l’humanité qui les caractérise, ils doivent toujours soulager la souffrance de leurs patients et faire preuve d’empathie. Mais peuvent-ils rester intacts psychologiquement ?
En effet, en période de conflits armés, les violences, les déplacements forcés et les pertes de proches provoquent des traumatismes profonds. De nombreuses personnes développent des troubles de stress post-traumatique (TSPT), de l’anxiété ou encore des dépressions, selon les experts.[1]
Une étude réalisée aux États-Unis a révélé que les taux de TSPT sont plus élevés parmi les vétérans et d'autres professionnels exposés à des situations potentiellement traumatisantes, tels que les policiers, les pompiers et le personnel soignant d’urgence.[2]
Selon une étude publiée dans le Pan African Medical Journal et réalisée à l’hôpital régional de Gabès, en Tunisie, la prévalence des troubles anxieux était de 9,05 %, et celle du TSPT de 0,99 %[3]. En Afrique du Sud et au Nigeria, les troubles liés à l’usage de substances psychoactives occupaient le deuxième rang après les troubles anxieux, avec une prévalence respective de 13,3 % [4]et 3,9 %.[5]
Dans ce contexte de violence généralisée que connaît l’Est de la RDC, les effets sur la santé mentale de la population sont multiples et préoccupants. Selon l’OMS (2015), en situation d’urgence, les individus adultes comme enfants peuvent entrer dans un « état de deuil et de détresse aiguë », considéré comme une réponse psychologique normale. Toutefois, chez certains, ces réactions évoluent vers des troubles psychiatriques graves qui altèrent le fonctionnement quotidien.[7]
En mars et avril 2025, à Goma, le Centre Hospitalier Neuropsychiatrique Saint Vincent de Paul a organisé une campagne de consultation gratuite pour dépister les cas de TSPT. D’après le CNPP, environ 20 millions de Congolais (soit près de 20 % de la population) souffrent de troubles mentaux.[8]
La majorité de ces personnes vivent dans l’est du pays, une région marquée par plusieurs décennies de conflits opposant l’armée congolaise à différents groupes armés.
Parmi ces 20 millions, les personnels soignants sont rarement comptabilisés, alors qu’ils sont en première ligne. Comment s’en sortent-ils, sachant que leur santé est un déterminant clé de la qualité des soins ?
Durant les affrontements du 26 janvier au 15 février 2025, le Centre Hospitalier Bethesda fut l’une des structures de référence pour la prise en charge des blessés par balle et autres urgences liées au conflit. Le personnel y a été directement exposé à des traumatismes psychologiques tels que le stress aigu, l’anxiété, le TSPT et le burnout. Déjà confrontés à la douleur des patients, ces soignants ont absorbé une charge émotionnelle particulièrement intense.
Peu d’études locales ont exploré de manière systématique le vécu psychologique des soignants en temps de conflit.
Cette recherche vise donc à combler ce vide,en analysant les impacts psychologiques des conflits armés sur les soignants de l’hôpital Bethesda, et en proposant des pistes de soutien adaptées au contexte.

Plan provisoire


Élaboration du protocole​août 2025​2 semaines

Collecte des données​sept. 2025​3 semaines

Analyse des données​oct. 2025​3 semaines

Rédaction du rapport​nov. 2025​4 semaines

Diffusion des résultats​déc. 2025​1 semaine

Hypothèses


• Les personnels soignants présentent une prévalence élevée de stress, anxiété et symptômes post-traumatiques durant les conflits.

• Le soutien social (collègues, famille, institution) atténue l’impact psychologique.

• Les soignants ayant plus d’expérience professionnelle développent de meilleures stratégies d’adaptation

Méthodes

Milieu d'étude

L'étude se déroule au centre hospitalier Bethesda situé Goma en République démocratique du Congo.

1. Type détude

mixte (quantitative + qualitative)

8. Population et échantillonnage

Population cible : tout le personnel soignant de l’hôpital Bethesda (médecins, infirmiers, psychologues, techniciens de santé).

Critères d’inclusion : soignants ayant travaillé durant la période du 26 janvier au 15 février 2025.

Échantillonnage : non probabiliste, de convenance, avec un objectif d’enquêter au moins 50–80 soignants.

9. Techniques de collecte des données

Questionnaire standardisé (ex. : GHQ-12 pour détresse psychologique, PCL-5 pour stress post-traumatique).

Entretiens semi-directifs pour explorer le vécu subjectif, les émotions, les stratégies d’adaptation.

10. Plan d’analyse des données

Quantitatives : saisie et analyse avec SPSS/Excel (fréquences, pourcentages, moyenne, test du χ², corrélations).

Qualitatives : analyse thématique par codage des entretiens (NVivo ou manuel).

11. Considérations éthiques

Consentement libre, éclairé et écrit des participants.

Anonymat et confidentialité des réponses.

Autorisation préalable de l’administration de l’hôpital.

Possibilité d’orientation psychologique des soignants en détresse.

Bibliographie

[1] La Rédaction francophone de la DW (site web). À Goma, une population traumatisée par la guerre. 22 mai 2025.
[2] Global Health Data Exchange (site web). Seattle : Institute for Health Metrics and Evaluation ; 2019.
[3] Elkit A, Christiansen DM. ASD and PTSD in rape victims after interpersonal violence. 2010.
[4] Yosra Mejdoub et al. Profil sociodémographique et clinique d'une population de consultants dans un service de psychiatrie d'un hôpital général au sud tunisien. PAMJ, avril 2023.
[5] Stein DJ, Seedat S, Herman A, Moomal H, Heeringa SG, Kessler RC et al. Lifetime prevalence of psychiatric disorders in South Africa. Br J Psychiatry, 2008.
[6] Gureje D, Lasebikan VO, Kola L, Makanjuola VA. Lifetime and 12-month prevalence of mental health disorders and well-being. Br J Psychiatry, 2006.
[7] OMS.Conséquences psychologiques des situations d’urgence. 2015.
[8] Centre Neuropsychopathologique (CNPP). Statistiques internes. Mars–Avril 2025.

Directeur & Encadreur

Directeur: Prof Polepole Prof POLEPOLE
Encadreur: KAHATWA Dr SERGE

Status

Décision ou observation:
Feu vert:
Déposé : NON
Défendu: NON
Finalisé: NON