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ETAT DES LIEUX DE LA RESISTANCE BACTERIENNES AUX ANTIBIOTIQUES AU COURS DES INFECTIONS URINAIRES CHEZ LES PATIENTS SUIVIS EN MEDECINE INTERNE À L’HÔPITAL TERTIAIRE HEAL AFRICA
Résumé
Auteur : SIVYASERYA IRISHA
Niveau: L2
Département: Medecine Humaine
Année Ac: 2024-2025 , | 2026-03-10 11:27:03
Mots clés
résistance, antibiotiques, bactéries, infections, urinaires
Intérêt
Comme déjà décrit ci-haut, les infections urinaires représentent 30 à 40% des infections traité dans les hôpitaux [16]. L’infection urinaire arrive au second rang derrière les infections respiratoires dans la catégorie des pathologies communautaires. Cette pathologie est supposée toucher beaucoup plus les femmes, les adultes et les âgés. [17] La symptomatologie recouvre un ensemble de situation de symptomatologie et de gravité variables, allant de la simple bactériurie asymptomatique aux pyélonéphrites aigües [18]. La résistance des bactéries incriminées dans la survenue des infections urinaires se place parmi les contraintes thérapeutiques du clinicien. En effet l’usage inappropriée et parfois inutile des antibiotiques entraine la survenue des bactéries multi résistantes. [19] De plus, Les personnes hospitalisées sont particulièrement vulnérables à la transmission des bactéries résistantes, en particulier dans les unités de soins intensifs. En fait, l'Organisation mondiale de la santé a nommé la résistance aux antibiotiques comme l'une des trois menaces de santé publique les plus importantes du 21e siècle [20]. Les infections causées par des organismes multi résistants (MDR) sont associées à une mortalité accrue par rapport à celles causées par des bactéries sensibles et ils portent un fardeau économique important, estimé à plus de 20 milliards de dollars par an aux États-Unis seulement [21]. Le Center for Disease Control and Prevention estiment qu'au moins 23 000 personnes meurent chaque année aux États-Unis en raison d'une infection par un organisme résistant aux antibiotiques [22]. De plus, selon un récent rapport, la résistance aux antibiotiques devrait entraîner environ 300 millions de décès prématurés d'ici 2050, avec une perte allant jusqu'à 100 billions de dollars (64 billions de livres sterling) à l'économie mondiale [23]. Du côté des infections urinaires la résistance aux antibiotiques complique considérablement le traitement des infections urinaires, autrefois facilement maîtrisées. Lorsque les bactéries aux médicaments couramment utilisés, les infections persistent plus longtemps et peuvent évoluer vers des formes graves. Cela augmente le risque de complications telles que le sepsis ou l’insuffisance rénale aiguë, surtout chez les patients vulnérables ou porteurs de dispositifs médicaux comme les cathéters. De plus, la résistance limite les options thérapeutiques, obligeant les médecins à recourir à des antibiotiques plus puissants, souvent plus coûteux et avec davantage d’effets secondaires. Cette situation souligne l’urgence d’un usage raisonné des antibiotiques et d’un diagnostic précis pour éviter que des infections urinaires simples ne deviennent des menaces sérieuses pour la santé. Pourtant, l’antibiogramme permet de guider avec précision le choix de l’antibiotique le plus efficace contre les bactéries responsables des infections urinaires. En identifiant les résistances spécifiques de chaque souche bactérienne, il évite les traitements empiriques inadaptés qui peuvent aggraver l’antibiorésistance. Étant donné le peu d’informations disponibles sur l’état de la résistance aux antibiotiques en République démocratique du Congo (RDC), cette étude propose de réaliser un état des lieux de la résistance bactérienne dans la prise en charge des infections urinaires. L’objectif est de déterminer l’ampleur réelle du phénomène, d’identifier les germes uropathogènes les plus fréquents et de mesurer leur sensibilité aux antibiotiques couramment utilisés. Une telle démarche permettra non seulement de mieux orienter les traitements, notamment grâce à l’antibiogramme, mais aussi de renforcer les politiques de surveillance et de prévention de l’antibiorésistance. En mettant en lumière les lacunes et les tendances locales, cette étude contribuera à une meilleure rationalisation des prescriptions et à la préservation de l’efficacité des traitements disponibles.
Problématique
L’arrivée de l’antibiothérapie date des années 1940, elle a complètement révolutionné le domaine médical et a contribué à réduire de manière significative la mortalité dû aux maladies infectieuses. Malheureusement, la résistance bactérienne aux antibiotiques traditionnels a rapidement constitué un problème de santé important à l’échelle mondiale. [1] la fréquence et l’ampleur des infections causées par des bactéries résistantes n’ont fait qu’augmenté au cours des dernières années. Cette augmentation concerne autant le milieu hospitalier que le milieu communautaire. [2] A ce sujet, des études montrent que le taux de résistance a évolué de 1998 à 2005, passant de 65% à 80 % pour l’amoxicilline, 5% à environ 15 % pour le céfotaxime, 20% à environ 35 % pour la ciprofloxacine, 10 % à plus de 20 % pour la gentamycine [3, 4, 5]. D’autres études indiquent que Le développement de la résistance a commencé par la pénicilline dans les années 1950, puis a suivi par la résistance aux céphalosporines de première génération dans les années 1970 et aux céphalosporines de troisième génération dans les années 1990 [2]. L’émergence de la résistance aux antibiotiques rend de plus en plus difficile la prise en charge des pathologies infectieuses. Ainsi, les infections urinaires ne sont pas une exception. Dans la pratique clinique quotidienne, les infections urinaires (IU) sont très fréquemment observées. Elles représentent 10 à 20 % de toutes les infections traitées dans les unités de soins primaires et 30 à 40 % de celles traitées à l’hôpital [6]. Le risque d’infection urinaire dans la population féminine est considéré comme quatorze fois plus élevé que dans la population masculine [7]. la fréquence d’infection urinaire chez la femme augmente avec l’âge, présentant deux pics, l’un au début de l’activité sexuelle et l’autre, à la période post ménopausique. Chez l’homme, la fréquence augmente après 50 ans en relation avec la pathologie prostatique [8]. L’usage massif et parfois inapproprié des antibiotiques dans le traitement des IU ainsi que l’automédication a favorisé d’une part l’émergence de souches bactériennes multi résistantes, notamment Escherichia coli, principal agent pathogène impliqué. Ces souches, souvent productrices de β-lactamases à spectre étendu (BLSE), présentent des taux de résistance préoccupants à plusieurs classes d’antibiotiques : fluoroquinolones, céphalosporines, aminoglycosides et sulfamides. [9] De plus, les patientes atteints d’infections urinaires sont souvent traités avec des antibiotiques même pour une bactériurie asymptomatique associé à une occurrence plus élevée de résistance aux antibiotiques [10]. Et d’autres part Le traitement antibiotique à long terme peut également entraîner des modifications de la flore microbienne normal du vagin et le tractus gastro-intestinal. L’OMS souligne que la résistance aux antimicrobiens constitue l’une des plus graves menaces pour la santé publique mondiale, avec une charge de morbidité particulièrement élevée dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où les ressources sanitaires sont limitées et les pratiques de prescription souvent inappropriées [12].Au canada des études ont montré qu’il y a près de 25 millions d’ordonnances d’antibiotiques et l’on considère que plus de 50 % des antibiotiques prescrits seraient inappropriés [11]. En Afrique, la situation est particulièrement préoccupante : une étude menée à Nairobi révèle que près de 40 % des bactéries responsables d’infections urinaires sont résistantes aux antibiotiques couramment prescrits, compliquant ainsi le choix du traitement empirique. La prescription fréquente de antibiotiques empiriques et la transmission de gènes de résistances au antibiotiques, ainsi que d'autres déterminants ont finalement conduit à l'augmentation émergence de bactéries multi résistantes (MDR) même au niveau communautaire, rendant le traitement IU encore plus difficile [13]. En République Démocratique du Congo, les études sur ce sujet sont peu nombreuses. Cependant une étude menée en 2015 à Mbuji-Mayi a révélé qu’au cours de la grossesse, la prévalence de l’infection urinaire était de 66,36% avec une prédominance de E. Coli (53,5 %) et staphylocoque (30,98%) seuls ou en association avec le candida albicans [14]. Le diagnostic d’infection urinaire bactérienne est microbiologique, c’est-à-dire, basé sur la présence d’une leucocyturie et/ou d’une bactériurie significative à l’étude cytobactériologique des urines [15]. Cette évolution soulève des enjeux majeurs en matière de santé publique, nécessitant une surveillance microbiologique rigoureuse, une révision des pratiques de prescription, et une promotion de l’antibiothérapie raisonnée. Par conséquent, il y a un besoin urgent d'introduire de nouvelles solutions Dans la prise en charge des IU. Dans ce contexte, ce mémoire se propose d’établir un état des lieux de la résistance aux antibiotiques dans la prise en charge des infections urinaires. Plan provisoire
Hypothèses
Les hypothèses de recherche suivantes ont été retrouvées :
L’augmentation de la résistance aux antibiotiques chez les bactéries uropathogènes est principalement due à une prescription excessive ou inappropriée d’antibiotiques en première intention.
Les souches d’Escherichia coli productrices de BLSE sont responsables de la majorité des échecs thérapeutiques dans les infections urinaires communautaires.
La résistance aux fluoroquinolones et aux sulfamides chez les bactéries uropathogènes est celle qui est couramment retrouvée.
L’absence systématique d’antibiogramme avant la prescription d’un traitement antibiotique contribue significativement à la sélection de souches résistantes.
Les patients ayant des antécédents d’infections urinaires récidivantes ou hospitalisations fréquentes présentent un risque accru d’infection par des bactéries multi-résistantes.
L’automédication et la consommation abusives d’antibiotiques est corrélée à une prévalence plus élevée de souches résistantes dans les infections urinaires.
Méthodes
II.1. Lieu et période d’étude
Le travail a été effectué au centre Hospitalier Bethesda, hôpital situé dans le quartier KYESHERO, la commune de Goma en ville de Goma. Il dispose d’un laboratoire de qualité avec une capacité de réaliser une culture bactérienne ainsi qu’un antibiogramme. L’étude sera effectuée pendant une période de 6 mois de janvier 2026 à juin 2026.
II.2. Type d’étude
Il s’agit d’une étude prospective et longitudinale
II.3. Population d’étude
Les échantillons seront récoltés auprès des patients suivis en médecine interne en consultation externe et en hospitalisation pour des infections urinaires.
II.4. Critère d’inclusion
Etre suivi en médecine interne pour des infections urinaires
Avoir un dossier clinique complet
Avoir accepté de participer à l’étude
II.5. Critère de non inclusion
Refus de participer à l’étude
Disposer d’un dossier clinique incomplet
II.6. Echantillonnage
Il sera exhaustif. Nous prendrons en considération les patients suivies en médecine interne pour infection urinaire au cours de cette période d’étude.
II.7. Considération éthique
Nous respecterons l’anonymat des patients participants à l’étude. Le refus de participer à l’étude n’aura aucun impact sur la prise en charge des patients. Le travail sera soumis au comité éthique de l’hôpital pour approbation.
Bibliographie
[1]. Avorn JL, Barrett JF, Davey PG, McEwen SA, O’Brien TF, Levy SB.
Organisation mondiale de la santé (OMS). Antibiotic resistance: synthesis
of recommendations by expert policy groups: alliance for the prudent use
of antibiotics, 2001. http://whqlibdoc.who.int/hq/2001/WHO_CDS_CSR_
DRS_2001.10.pdf (site visité le 30 mars 2009).
[2]. Conly J. Antimicrobial resistance in Canada. CMAJ 2002;167:885-91.
[3]. Toudji, A. G., Djeri, B., Karou, S. D., Tigossou, S., Ameyapoh, Y., & de Souza, C. (2017). Prévalence des souches d’entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre élargi isolées au Togo et de leur sensibilité aux antibiotiques. International Journal of Biological and Chemical Sciences, 11(3), 1165-1177.
[4]. Haller M, Brandis M, Berner R. Antibiotic resistance of urinary tract pathogens and rationale for empirical intravenous therapy. Pediatr Nephrol 2004;19:982—6.
[5]. Ladhani S, Gransden W. Increasing antibiotic resistance among urinary tractisolates.ArchDisChild2003;88:444—5.
[6]. Stefaniuk E, Suchocka U, Bosacka K et al (2016) Etiology and antibiotic susceptibility of bacterial pathogens responsible for community-acquired urinary tract infections in Poland. Eur J Clin Microbiol Infect Dis 35:1363–1369
[7]. Robinson D, Giarenis I, Cardozo L (2015) The management of urinary tract infections in octogenarian women. Maturitas 81:343–347
[8]. Barber, A.E., Notron, J.P Spirak, A.M. &Nulvey, M.A. Urinary Track infections: Current and Emerging Mamangement Strategies.
ClinInfct. Off. Publ. Infect.Dis.Soc.Am (2013). Doi:10.1093/cid/cit 284.
[9]. Savoye-Rossignol, L. (2015). Épidémiologie des infections urinaires communautaires. Université Pierre et Marie Curie – Paris VI
[10]. Cai T, Nesi G, Mazzoli S, Meacci F, Lanzafame P, Caciagli P,
Mereu L, Tateo S, Malossini G, Selli C, Bartoletti R (2015)
Asymptomatic bacteriuria treatment is associated with a higher
prevalence of antibiotic resistant strains in women with urinary
tract infections. Clin Infect Dis 61:1655–1661
[11]. Dellit TH, Owens RC, McGowan JE Jr., Gerding DN, Weinstein RA, Burke
JP et coll. Infectious diseases society of America and the society for
healthcare epidemiology of America guidelines for developing an
institutional program to enhance antimicrobial stewardship. Clin Infect
Dis 2007;44:159-77
[12]. OMS – Résistance aux antibiotiques
[13]. Simonsen GS, Tapsall JW, Allegranzi B, Talbot EA, Lazzari S. The antimicrobial
resistance containment and surveillance approach – a public health
tool. Bulletin of World Health Organization 2004;82:928-34.
[14]. BiayiMikenji, Kadima Mutombo C, MumbaMukandila A, NtambweKatumbayi G, Mulowayi Kashi F. Profil bactériologique de
l’infection urinaire gravidique, Cas de l’hôpital Bonzola à MbujiMayi en RD Congo, 2015.
[15]. Attolou V, Talpara I, de Souza J, Guedouf F, Djimegne F, Alihonou E. L’infection urinaire chez la femme gestante béninoise (Aspects bactériologique et cytologique)
[16]. Stefaniuk E, Suchocka U, Bosacka K et al (2016) Etiology and antibiotic susceptibility of bacterial pathogens responsible for community-acquired urinary tract infections in Poland. Eur J Clin Microbiol Infect Dis 35:1363–1369
[17]. Bezziche R et Bounamour A (2018). Les bactéries responsables des infections urinaires. Mémoire de fin d’étude ; université Frères Mentouri. Constantine, Algérie.
[18]. Barber, A.E., Notron, J.P Spirak, A.M. &Nulvey, M.A. Urinary Track infections: Current and Emerging Mamangement Strategies. ClinInfct. Off. Publ. Infect.Dis.Soc.Am (2013). Doi:10.1093/cid/cit 284.
[19].
[20]. Antimicrobial resistance: global report on surveillance 2014. World Health Organization; 2014. Downloaded from http://www.who.int/drugresistance/documents/surveillancereport/en/, last accessed on March 4, 2015
[21]. Cosgrove SE. The relationship between antimicrobial resistance and patient outcomes: mortality, length of hospital stay, and health care costs. Clin Infect Dis. 2006 Jan 15; 42(Suppl 2):S82–9. [PubMed: 16355321]
[22]. Antibiotic Resistance Threats in the United States. Centers for Disease Control and Prevention. 2013. Downloaded from http://www.cdc.gov/drugresistance/threat-report-2013/index.html, last accessed on March 9, 2015
[23]. Antimicrobial Resistance: Tackling a Crisis for the Future Health and Wealth of Nations. 2014. Downloaded from http://amr-review.org/, last accessed on March 11, 2015
Directeur & Encadreur
Encadreur: KAHATWA Dr SERGE
Directeur: Dr Maurice Dr Maurice MASODA
Status
Décision ou observation:
Feu vert:
Déposé : NON
Défendu: NON
Finalisé: NON
ETAT DES LIEUX DE LA RESISTANCE BACTERIENNES AUX ANTIBIOTIQUES AU COURS DES INFECTIONS URINAIRES CHEZ LES PATIENTS SUIVIS EN MEDECINE INTERNE À L’HÔPITAL TERTIAIRE HEAL AFRICA
Résumé
Auteur : SIVYASERYA IRISHA
Niveau: L2
Département: Medecine Humaine
Année Ac: 2024-2025 , | 2026-03-10 11:27:03
Mots clés
résistance, antibiotiques, bactéries, infections, urinairesIntérêt
Comme déjà décrit ci-haut, les infections urinaires représentent 30 à 40% des infections traité dans les hôpitaux [16]. L’infection urinaire arrive au second rang derrière les infections respiratoires dans la catégorie des pathologies communautaires. Cette pathologie est supposée toucher beaucoup plus les femmes, les adultes et les âgés. [17] La symptomatologie recouvre un ensemble de situation de symptomatologie et de gravité variables, allant de la simple bactériurie asymptomatique aux pyélonéphrites aigües [18]. La résistance des bactéries incriminées dans la survenue des infections urinaires se place parmi les contraintes thérapeutiques du clinicien. En effet l’usage inappropriée et parfois inutile des antibiotiques entraine la survenue des bactéries multi résistantes. [19] De plus, Les personnes hospitalisées sont particulièrement vulnérables à la transmission des bactéries résistantes, en particulier dans les unités de soins intensifs. En fait, l'Organisation mondiale de la santé a nommé la résistance aux antibiotiques comme l'une des trois menaces de santé publique les plus importantes du 21e siècle [20]. Les infections causées par des organismes multi résistants (MDR) sont associées à une mortalité accrue par rapport à celles causées par des bactéries sensibles et ils portent un fardeau économique important, estimé à plus de 20 milliards de dollars par an aux États-Unis seulement [21]. Le Center for Disease Control and Prevention estiment qu'au moins 23 000 personnes meurent chaque année aux États-Unis en raison d'une infection par un organisme résistant aux antibiotiques [22]. De plus, selon un récent rapport, la résistance aux antibiotiques devrait entraîner environ 300 millions de décès prématurés d'ici 2050, avec une perte allant jusqu'à 100 billions de dollars (64 billions de livres sterling) à l'économie mondiale [23]. Du côté des infections urinaires la résistance aux antibiotiques complique considérablement le traitement des infections urinaires, autrefois facilement maîtrisées. Lorsque les bactéries aux médicaments couramment utilisés, les infections persistent plus longtemps et peuvent évoluer vers des formes graves. Cela augmente le risque de complications telles que le sepsis ou l’insuffisance rénale aiguë, surtout chez les patients vulnérables ou porteurs de dispositifs médicaux comme les cathéters. De plus, la résistance limite les options thérapeutiques, obligeant les médecins à recourir à des antibiotiques plus puissants, souvent plus coûteux et avec davantage d’effets secondaires. Cette situation souligne l’urgence d’un usage raisonné des antibiotiques et d’un diagnostic précis pour éviter que des infections urinaires simples ne deviennent des menaces sérieuses pour la santé. Pourtant, l’antibiogramme permet de guider avec précision le choix de l’antibiotique le plus efficace contre les bactéries responsables des infections urinaires. En identifiant les résistances spécifiques de chaque souche bactérienne, il évite les traitements empiriques inadaptés qui peuvent aggraver l’antibiorésistance. Étant donné le peu d’informations disponibles sur l’état de la résistance aux antibiotiques en République démocratique du Congo (RDC), cette étude propose de réaliser un état des lieux de la résistance bactérienne dans la prise en charge des infections urinaires. L’objectif est de déterminer l’ampleur réelle du phénomène, d’identifier les germes uropathogènes les plus fréquents et de mesurer leur sensibilité aux antibiotiques couramment utilisés. Une telle démarche permettra non seulement de mieux orienter les traitements, notamment grâce à l’antibiogramme, mais aussi de renforcer les politiques de surveillance et de prévention de l’antibiorésistance. En mettant en lumière les lacunes et les tendances locales, cette étude contribuera à une meilleure rationalisation des prescriptions et à la préservation de l’efficacité des traitements disponibles.Problématique
L’arrivée de l’antibiothérapie date des années 1940, elle a complètement révolutionné le domaine médical et a contribué à réduire de manière significative la mortalité dû aux maladies infectieuses. Malheureusement, la résistance bactérienne aux antibiotiques traditionnels a rapidement constitué un problème de santé important à l’échelle mondiale. [1] la fréquence et l’ampleur des infections causées par des bactéries résistantes n’ont fait qu’augmenté au cours des dernières années. Cette augmentation concerne autant le milieu hospitalier que le milieu communautaire. [2] A ce sujet, des études montrent que le taux de résistance a évolué de 1998 à 2005, passant de 65% à 80 % pour l’amoxicilline, 5% à environ 15 % pour le céfotaxime, 20% à environ 35 % pour la ciprofloxacine, 10 % à plus de 20 % pour la gentamycine [3, 4, 5]. D’autres études indiquent que Le développement de la résistance a commencé par la pénicilline dans les années 1950, puis a suivi par la résistance aux céphalosporines de première génération dans les années 1970 et aux céphalosporines de troisième génération dans les années 1990 [2]. L’émergence de la résistance aux antibiotiques rend de plus en plus difficile la prise en charge des pathologies infectieuses. Ainsi, les infections urinaires ne sont pas une exception. Dans la pratique clinique quotidienne, les infections urinaires (IU) sont très fréquemment observées. Elles représentent 10 à 20 % de toutes les infections traitées dans les unités de soins primaires et 30 à 40 % de celles traitées à l’hôpital [6]. Le risque d’infection urinaire dans la population féminine est considéré comme quatorze fois plus élevé que dans la population masculine [7]. la fréquence d’infection urinaire chez la femme augmente avec l’âge, présentant deux pics, l’un au début de l’activité sexuelle et l’autre, à la période post ménopausique. Chez l’homme, la fréquence augmente après 50 ans en relation avec la pathologie prostatique [8]. L’usage massif et parfois inapproprié des antibiotiques dans le traitement des IU ainsi que l’automédication a favorisé d’une part l’émergence de souches bactériennes multi résistantes, notamment Escherichia coli, principal agent pathogène impliqué. Ces souches, souvent productrices de β-lactamases à spectre étendu (BLSE), présentent des taux de résistance préoccupants à plusieurs classes d’antibiotiques : fluoroquinolones, céphalosporines, aminoglycosides et sulfamides. [9] De plus, les patientes atteints d’infections urinaires sont souvent traités avec des antibiotiques même pour une bactériurie asymptomatique associé à une occurrence plus élevée de résistance aux antibiotiques [10]. Et d’autres part Le traitement antibiotique à long terme peut également entraîner des modifications de la flore microbienne normal du vagin et le tractus gastro-intestinal. L’OMS souligne que la résistance aux antimicrobiens constitue l’une des plus graves menaces pour la santé publique mondiale, avec une charge de morbidité particulièrement élevée dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où les ressources sanitaires sont limitées et les pratiques de prescription souvent inappropriées [12].Au canada des études ont montré qu’il y a près de 25 millions d’ordonnances d’antibiotiques et l’on considère que plus de 50 % des antibiotiques prescrits seraient inappropriés [11]. En Afrique, la situation est particulièrement préoccupante : une étude menée à Nairobi révèle que près de 40 % des bactéries responsables d’infections urinaires sont résistantes aux antibiotiques couramment prescrits, compliquant ainsi le choix du traitement empirique. La prescription fréquente de antibiotiques empiriques et la transmission de gènes de résistances au antibiotiques, ainsi que d'autres déterminants ont finalement conduit à l'augmentation émergence de bactéries multi résistantes (MDR) même au niveau communautaire, rendant le traitement IU encore plus difficile [13]. En République Démocratique du Congo, les études sur ce sujet sont peu nombreuses. Cependant une étude menée en 2015 à Mbuji-Mayi a révélé qu’au cours de la grossesse, la prévalence de l’infection urinaire était de 66,36% avec une prédominance de E. Coli (53,5 %) et staphylocoque (30,98%) seuls ou en association avec le candida albicans [14]. Le diagnostic d’infection urinaire bactérienne est microbiologique, c’est-à-dire, basé sur la présence d’une leucocyturie et/ou d’une bactériurie significative à l’étude cytobactériologique des urines [15]. Cette évolution soulève des enjeux majeurs en matière de santé publique, nécessitant une surveillance microbiologique rigoureuse, une révision des pratiques de prescription, et une promotion de l’antibiothérapie raisonnée. Par conséquent, il y a un besoin urgent d'introduire de nouvelles solutions Dans la prise en charge des IU. Dans ce contexte, ce mémoire se propose d’établir un état des lieux de la résistance aux antibiotiques dans la prise en charge des infections urinaires.Plan provisoire
Hypothèses
Les hypothèses de recherche suivantes ont été retrouvées : L’augmentation de la résistance aux antibiotiques chez les bactéries uropathogènes est principalement due à une prescription excessive ou inappropriée d’antibiotiques en première intention.
Les souches d’Escherichia coli productrices de BLSE sont responsables de la majorité des échecs thérapeutiques dans les infections urinaires communautaires.
La résistance aux fluoroquinolones et aux sulfamides chez les bactéries uropathogènes est celle qui est couramment retrouvée.
L’absence systématique d’antibiogramme avant la prescription d’un traitement antibiotique contribue significativement à la sélection de souches résistantes.
Les patients ayant des antécédents d’infections urinaires récidivantes ou hospitalisations fréquentes présentent un risque accru d’infection par des bactéries multi-résistantes.
L’automédication et la consommation abusives d’antibiotiques est corrélée à une prévalence plus élevée de souches résistantes dans les infections urinaires.
Méthodes
II.1. Lieu et période d’étudeLe travail a été effectué au centre Hospitalier Bethesda, hôpital situé dans le quartier KYESHERO, la commune de Goma en ville de Goma. Il dispose d’un laboratoire de qualité avec une capacité de réaliser une culture bactérienne ainsi qu’un antibiogramme. L’étude sera effectuée pendant une période de 6 mois de janvier 2026 à juin 2026.
II.2. Type d’étude
Il s’agit d’une étude prospective et longitudinale
II.3. Population d’étude
Les échantillons seront récoltés auprès des patients suivis en médecine interne en consultation externe et en hospitalisation pour des infections urinaires.
II.4. Critère d’inclusion
Etre suivi en médecine interne pour des infections urinaires
Avoir un dossier clinique complet
Avoir accepté de participer à l’étude
II.5. Critère de non inclusion
Refus de participer à l’étude
Disposer d’un dossier clinique incomplet
II.6. Echantillonnage
Il sera exhaustif. Nous prendrons en considération les patients suivies en médecine interne pour infection urinaire au cours de cette période d’étude.
II.7. Considération éthique
Nous respecterons l’anonymat des patients participants à l’étude. Le refus de participer à l’étude n’aura aucun impact sur la prise en charge des patients. Le travail sera soumis au comité éthique de l’hôpital pour approbation.
Bibliographie
[1]. Avorn JL, Barrett JF, Davey PG, McEwen SA, O’Brien TF, Levy SB.Organisation mondiale de la santé (OMS). Antibiotic resistance: synthesis
of recommendations by expert policy groups: alliance for the prudent use
of antibiotics, 2001. http://whqlibdoc.who.int/hq/2001/WHO_CDS_CSR_
DRS_2001.10.pdf (site visité le 30 mars 2009).
[2]. Conly J. Antimicrobial resistance in Canada. CMAJ 2002;167:885-91.
[3]. Toudji, A. G., Djeri, B., Karou, S. D., Tigossou, S., Ameyapoh, Y., & de Souza, C. (2017). Prévalence des souches d’entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre élargi isolées au Togo et de leur sensibilité aux antibiotiques. International Journal of Biological and Chemical Sciences, 11(3), 1165-1177.
[4]. Haller M, Brandis M, Berner R. Antibiotic resistance of urinary tract pathogens and rationale for empirical intravenous therapy. Pediatr Nephrol 2004;19:982—6.
[5]. Ladhani S, Gransden W. Increasing antibiotic resistance among urinary tractisolates.ArchDisChild2003;88:444—5.
[6]. Stefaniuk E, Suchocka U, Bosacka K et al (2016) Etiology and antibiotic susceptibility of bacterial pathogens responsible for community-acquired urinary tract infections in Poland. Eur J Clin Microbiol Infect Dis 35:1363–1369
[7]. Robinson D, Giarenis I, Cardozo L (2015) The management of urinary tract infections in octogenarian women. Maturitas 81:343–347
[8]. Barber, A.E., Notron, J.P Spirak, A.M. &Nulvey, M.A. Urinary Track infections: Current and Emerging Mamangement Strategies.
ClinInfct. Off. Publ. Infect.Dis.Soc.Am (2013). Doi:10.1093/cid/cit 284.
[9]. Savoye-Rossignol, L. (2015). Épidémiologie des infections urinaires communautaires. Université Pierre et Marie Curie – Paris VI
[10]. Cai T, Nesi G, Mazzoli S, Meacci F, Lanzafame P, Caciagli P,
Mereu L, Tateo S, Malossini G, Selli C, Bartoletti R (2015)
Asymptomatic bacteriuria treatment is associated with a higher
prevalence of antibiotic resistant strains in women with urinary
tract infections. Clin Infect Dis 61:1655–1661
[11]. Dellit TH, Owens RC, McGowan JE Jr., Gerding DN, Weinstein RA, Burke
JP et coll. Infectious diseases society of America and the society for
healthcare epidemiology of America guidelines for developing an
institutional program to enhance antimicrobial stewardship. Clin Infect
Dis 2007;44:159-77
[12]. OMS – Résistance aux antibiotiques
[13]. Simonsen GS, Tapsall JW, Allegranzi B, Talbot EA, Lazzari S. The antimicrobial
resistance containment and surveillance approach – a public health
tool. Bulletin of World Health Organization 2004;82:928-34.
[14]. BiayiMikenji, Kadima Mutombo C, MumbaMukandila A, NtambweKatumbayi G, Mulowayi Kashi F. Profil bactériologique de
l’infection urinaire gravidique, Cas de l’hôpital Bonzola à MbujiMayi en RD Congo, 2015.
[15]. Attolou V, Talpara I, de Souza J, Guedouf F, Djimegne F, Alihonou E. L’infection urinaire chez la femme gestante béninoise (Aspects bactériologique et cytologique)
[16]. Stefaniuk E, Suchocka U, Bosacka K et al (2016) Etiology and antibiotic susceptibility of bacterial pathogens responsible for community-acquired urinary tract infections in Poland. Eur J Clin Microbiol Infect Dis 35:1363–1369
[17]. Bezziche R et Bounamour A (2018). Les bactéries responsables des infections urinaires. Mémoire de fin d’étude ; université Frères Mentouri. Constantine, Algérie.
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Directeur & Encadreur
Encadreur: KAHATWA Dr SERGEDirecteur: Dr Maurice Dr Maurice MASODA
Status
Décision ou observation:Feu vert:
Déposé : NON
Défendu: NON
Finalisé: NON
